Gilbert Viardot, dessinateur humoriste

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Par Leslie Picardat | Le 31 mars 2016 | Chez nos partenaires | Personnages troyens

A l’arrivée du printemps, le dessin est à l’honneur !
Parmi ses rendez-vous incontournables, le Salon du dessin et Drawing Now ouvrent leurs portes aux Palais Brongniart et Carreau du Temple à Paris du 30 mars au 4 avril. Dessins anciens, modernes et contemporains sont exposés et proposés à la vente par une sélection des meilleures galeries d’art spécialisées. Le blog rebondit sur cette actualité artistique, en s’intéressant à Gilbert Viardot, dessinateur et comédien, né à Troyes le 12 août 1888. De cet artiste, la Médiathèque du Grand Troyes possède un ensemble de dessins à la plume : illustrations originales, réalisées entre 1910 et 1936 pour la revue parisienne Fantasio.

De son vivant, artiste recherché, Gilbert Viardot n’est aujourd’hui connu que d’un petit cercle d’initiés. Vingt ans après sa mort (1965), la Maison du Livre et de la Culture de Saint-André-les-Vergers (Bibliothèque Municipale) lui consacre une exposition « Hommage à Gilbert Viardot ». Une vingtaine d’œuvres originales sont présentées (deux provenant de la Bibliothèque municipale de Troyes), dont un ensemble de publications illustrées par l’artiste. La même année, le Conseil municipal de Troyes attribue – contre l’oubli – le nom de « Gilbert Viardot » à une rue, le 7 octobre 1985.

En attendant de retrouver cet artiste aux cimaises d’une nouvelle exposition ou d’un salon du dessin, revenons sur ce parcours original et cette œuvre pour le moins réjouissante qui mérite l’attention.

Illustrations originales de FANTASIO. Ensemble de dessins à la plume réalisés par Gilbert Viardot entre 1910 et 1936 pour la revue parisienne. Médiathèque du Grand Troyes, photo P. Jacquinot

Ce sont quelque 30 années consacrées avec passion au dessin et à l’art dramatique qui valurent à Gilbert Viardot sa notoriété. Après des débuts dépourvus de fantaisie comme « technicien » du dessin au cabinet de son père, l’architecte Gaston Viardot, la carrière de l’artiste – dessinateur humoriste et caricaturiste – débute véritablement en 1909. Les premiers dessins de Gilbert Viardot paraissent alors dans l’Almanach du Petit Troyen, sous la signature « Gil Gass » (syllabes initiales des prénoms de Viardot : Gilbert-Gaston).

Dès les premières manifestations de sa jeune personnalité, le poète « Emile Predl écrivait avec une sorte de prescience dans le Petit Troyen du 31 octobre 1909 : Ce grand garçon qui, comme un Gringoire, s’en va la coiffure à la diable, le nez au vent, le menton relevé et busqué – trait physiognomonique affirmant de la solidité dans les idées – vous paraîtrait, sur l’un de nos trottoirs, plutôt frêle et destiné à marcher derrière les autres. Eh bien ! Non : il marchera devant ! ».

Encouragé par ses premiers succès, il décide de monter à Paris présenter « ses dessins aux lignes sinueuses, d’une régularité de trait digne de l’architecte, composant en leurs arabesques savamment étudiées des [portraits-]charges de la meilleure venue. La direction du Rire apprécie hautement la verve incisive du trait et demande seulement que le dessin soit accompagné d’une légende. Quelques instants de réflexion et notre dessinateur se double d’un humoriste », dans le verbe comme dans le trait. Dès 1910, le succès est là. Nombre de quotidiens et hebdomadaires sollicitent Viardot. Il s’établit à Paris, après que Le Journal lui fait signer un contrat. Ses dessins paraissent dans les quotidiens Le Journal (pour sa page « La vie drôle »), Le Matin, Paris-Soir (à sa création), puis dans les hebdomadaires Le Rire, Fantasio, Le Sourire, Pages folles, Frou-frou, Le Merle blanc, La Charrette, La Baïonnette, Floréal, L’Animateur des temps nouveaux, La Revue française, La Semaine de Paris, Les Potins de Paris, L’Echo du théâtre, L’Echo des Etudiants, L’Echo de la bourse, La Voix du combattant. Hors de France, Le Moniteur de la peinture de Liège publie très souvent ses dessins. Il crée de nombreuses compositions publicitaires pour les villes de Troyes, Paris, Reims, Dijon, Epinal, Liège.

En 1911, il est admis au Salon des humoristes qui organise annuellement une grande exposition à la Galerie La Boétie. En décembre 1923, il est élu membre du comité administratif de la Société des Humoristes et membre du jury au Salon annuel, jusqu’en 1935.

De 1909 à 1935, il mène, en parallèle à sa carrière de dessinateur, une vie de comédien. Il débute sur les planches troyennes avec L’Œuvre d’art, une troupe de théâtre amateur qui connaît un grand succès dans l’entre-deux-guerres. Il s’illustre au Théâtre des Variétés à Paris, au Théâtre Michel à Genève, ainsi qu’au Gymnase à Marseille. En 1921, il obtient pour son jeu dans « L’Engrenage », le second prix au Concours de Comédia (1er prix : Pierre Larquey). Il participe à 57 pièces, avec, entre autres partenaires, Pierre Fresnay, Constant Rémy, Samson Fainsilber, Habib Benglia, etc.

Il quitte définitivement Paris en 1935. La Seconde Guerre met fin à sa carrière artistique. Il devient secrétaire de la mairie de Crésantignes de 1941 à 1954, et sous-caissier de la Caisse d’Epargne et de Prévoyance de Troyes à la succursale de Jeugny, de 1947 à 1955.

Leslie Picardat
Médiation numérique du patrimoine / Médiathèque du Grand Troyes

N.B. : Les citations (entre guillemets) sont extraites du catalogue de l’exposition « Hommage à Gilbert Viardot » qui eut lieu du 2 au 17 mars 1985 à la Maison du Livre et de la Culture de Saint-André-les-Vergers. Le texte « Hommage à Gilbert Viardot, humoriste – comédien – caricaturiste (1888-1965) » est de Charles Favet.

Bibliographie :
Article de Charles Favet « Les artistes de l’Aube » dans La Vie en Champagne, n°74, décembre 1959
Jean Darbot, Gilbert Viardot (1888-1965), le chemin d’une vie d’artiste et sa famille, son père Emile-Gaston, architecte, quelques-uns de ses amis, Troyes, 2004
Jean Darbot, Gilbert Viardot (1888-1965), Dessinateur-humoriste et comédien, tel qu’en lui-même, Sainte-Savine, 2002

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